Une feuille cousue, punaisée près de la porte
Quatre lignes lues sous le porche, quatre questions posées au bord d'un feutre : voilà toute la charte, et elle vaut aussi pour les habitués du jeudi.
Quatre lignes lues avant d'entrer
- Dix-huit ans révolus, sans dérogation : l'assiette du soir relève de la même limite que le feutre.
- La pièce d'identité se montre à l'entrée, parfois une seconde fois au bord d'une table.
- L'atelier garde le droit de ne pas ouvrir sa porte, et n'a pas à motiver ce refus.
- Les chiens attendent dehors ; les chiens guides entrent partout, et personne ne leur demande rien.
Quatre questions posées au bord d'une table
Que valent ces rondelles, au juste ?
Rien hors du tiroir. Elles appartiennent à l'atelier, tiennent le compte d'un cahier et n'ont aucune valeur marchande : ni achat, ni rachat, ni conversion.
Nous jouons entre amis — l'argent nous regarde, non ?
Pas sous ce toit. Un billet posé sur le feutre arrête la donne à l'instant, sans débat, et la soirée s'achève là pour la tablée concernée.
Peut-on photographier une partie ?
La salle, oui. Les joueurs des autres feutres, uniquement avec leur accord, y compris pris de loin. Presses et massicot ne se déplacent pas pour cadrer une image.
Le compte se reporte-t-il au lendemain ?
Jamais : le cahier se referme à minuit, la page est arrachée le matin suivant, et chaque soirée recommence à zéro. Le téléphone reste muet en salle, les appels se prennent sous le porche, le verre s'arrête quand la fatigue se voit et le comptoir appelle un taxi à toute heure.